Genèse des structures mentales

 

Tout ce que nous vivons, ce que nous ressentons par nos sens, ce que nous imaginons est traité en finalité dans notre système nerveux central. Ce système n’existe pas chez les branches les plus anciennes des animaux et n’existe pas chez les végétaux actuels (pour des raisons de croissance et de structure). Il se complexifie au fur et à mesure de l’apparition de nouvelles formes évolutives pour arriver jusqu’à nous. Grosso modo, en schématisant à l’extrême, le premier stade contrôle les fonctions vitales (bien que le cœur puisse être en partie autonome) et les réflexes telle la respiration. Le système secondaire contrôle davantage les émotions (peur et agressivité) sous une forme de réflexes liés à l’expérience. Expérience signifie une première mémoire. Le troisième étage, plus élaboré utilise une mémoire plus complexe et permet le choix, c'est-à-dire une analyse plus complexe de la situation. Qui dit choix dit imagination.

En l’absence d’imagination, il n’y a pas de choix possible.

Ces systèmes ne correspondent pas forcément à des zones précises du cerveau. L’évolution a en effet modifié ces systèmes dans les différentes branches animales et les termes chers à Henri Laborit de paléocéphale, système limbique et néocortex sont aujourd’hui évités, car trop réducteurs. Les nouveaux termes fonctionnels employés (cerveau reptilien, limbique et néocortex du cerveau triunique sont hélas trop anthropomorphistes).

Dans notre imagination humaine, voire celle des mammifères (ici nous nous cantonnerons aux humains, le reste est un sujet problématique), les trois systèmes influencent directement ou indirectement le comportement. Le système sur lequel nous pouvons agir directement est bien sûr le troisième système, quoique… affamer quelqu’un, ou le priver de sommeil, permet de modifier son comportement de façon profonde. Nous aurons l’occasion d’y revenir.

 Le système de base est donc l’imagination. Cette imagination est en grande partie responsable de notre comportement et de nos choix. Ces choix sont mémorisés et la mémoire de ces choix joue un rôle fondamental.

Tout nouveau choix se construit à partir des choix précédents.

Nous avons dit plus haut que la perception de la réalité était toute subjective. Si on appelle réalité les phénomènes physiques ressentis dans notre monde, cette réalité va jouer un rôle plus ou moins grand dans la pensée, suivant les individus.  C’est ce que j’appellerai la structure mentale. Celle-ci se construit dès le début du fonctionnement du système nerveux jusqu’à un âge variable suivant les individus à partir duquel il n’y a plus construction, mais utilisation systématique. Et c’est là que l’on retrouve le vieil adage parlant des mâles, mais pouvant englober tous les sexes : Avec l’âge, les raideurs se déplacent.

La structure mentale est donc en quelque sorte la représentation du monde.

Celle-ci n’est pas fixe tant qu’elle se construit, mais peut évoluer de façons différentes. La classification des structures mentales est donc, pour les jeunes, qu’une donnée dynamique. Cependant, plus on avance dans l’âge, plus il est difficile de s’en construire une autre. Cela a été remarqué depuis longtemps et les écoles, principalement religieuses, savent tirer parti de cette propriété de plasticité chez les plus jeunes.

Éléments jouant un rôle dans les structures mentales :

Innés ou non lié à la culture :

- L’influence de la constitution du cerveau

- L’influence du corps

- Les autres influences pouvant jouer un rôle

Acquis :

- Les comportements de groupe

- La notion de relativité

- La culture

Ce qui n’est pas du domaine de l’acquis est étudié en partie par les neurophysiologistes, éthologues, etc. Nous laisserons ceci de côté.