Le mois dernier, je vais chez le marchand pour acheter une nouvelle tronçonneuse, l’ancienne ayant rendu son âme. En effet j’ai du bois à faire et étant seul, je ne vais pas attaquer à la scie des troncs de 30 cm de diamètre et de 1 m de long pour les couper en 50.

 Je commence à couper mon bois dès que j’ai du temps de libre. L’engin fonctionne à peu près correctement, excepté que la chaîne n’est pas compatible avec mon ancienne tronçonneuse, ni les divers accessoires que j’avais, comme toujours… J’arrive à couper pendant 30 jours la moitié de mon bois.

Le trente et unième jour, la tronçonneuse refuse de démarrer !

Je repars chez le marchand mon engin sous le bras, passablement embêté. Le type me regarde et me demande :

— Vous avez validé votre tronçonneuse ?

— Pardon !

— Si vous ne validez pas dans les trente jours votre tronçonneuse auprès du fabricant, elle s’arrête. Il y a dedans un mécanisme qui l’empêche de fonctionner.

— Et vous ne pouvez pas le bricoler ce mécanisme ?

— Ce serait de la contrefaçon. Le constructeur a mis cela pour protéger ses tronçonneuses. Vous êtes sûr d’avoir une vraie tronçonneuse et pas un modèle de contrefaçon qui vous apporterait des ennuis.

— J’ai pas de temps à perdre. Et comment valide-t-on cette tronçonneuse ?

— En découpant le bon qui est à découper dans le « Chasseur Français », dans le numéro spécial qui est offert pour tout nouvel abonnement d’un an. C’est marqué dans votre mode d’emploi. Vous ne l’avez donc pas lu ?

 — Heu non. Il n’y a pas d’autre moyen ? Je m’en fous moi du « chasseur français », je ne suis pas chasseur. Et puis j’ai pas envie de m’abonner à quoi que ce soit. Vous avez peut-être une photocopie de ce bon ?

— Les photocopies ne marchent pas, il faut l’original.

Je suis rentré désappointé avec le sentiment de m’être fait arnaquer.

 

Cette histoire vous paraît une fiction ?

 

Et bien pas tout à fait, j’ai juste changé quelques noms !

 

Résumons :

J’ai besoin d’un outil et je l’achète. Au bout de 30 jours, cet outil s’arrête de fonctionner. Pour qu’il puisse continuer à fonctionner, je dois le « va-li-der ».

Pour le valider, je dois prendre un abonnement à un truc qui n’a aucun rapport avec mon outil, alors que ce truc je n’en n’ai pas besoin. Tout ce que je veux, c’est me servir de mon outil que j’ai acheté. (Ici couper du bois).

Cette histoire vous paraît une fiction ?

Plus tout à fait maintenant. Je pense que vous avez compris. Pour ceux qui n’auraient pas tout à fait compris, je vais préciser le résumé que je viens de faire aux deux derniers paragraphes.

Je répète les paragraphes :

J’ai besoin d’un ordinateur et je l’achète. Au bout de 30 jours, cet outil s’arrête de fonctionner. Pour qu’il puisse continuer à fonctionner, je dois le « va-li-der ».

Pour le valider, je dois prendre un abonnement à internet, alors que je n’en n’ai pas besoin. Tout ce que je veux, c’est me servir de mon PC que j’ai acheté.

Précisions encore :

J’ai besoin d’un ordinateur et je l’achète avec Windows 7 (tous mes programmes sont PC et je n’ai pas les moyens d’acheter un mac). Au bout de 30 jours, Windows 7 s’arrête de fonctionner. Pour qu’il puisse continuer à fonctionner, je dois le « va-li-der ».

Pour le valider, je regarde si on peut le faire par téléphone : NON ! Que par internet.

Je dois prendre un abonnement à internet, alors que je n’en n’ai pas besoin. Tout ce que je veux, c’est me servir de mon PC que j’ai acheté pour bosser et qui est dans un lieu non équipé d’internet et que je ne veux pas équiper, car je ne vais pas payer des charges fixes dans ce lieu.

Alors l’histoire de la tronçonneuse ? Elle vous paraît toujours débile ?